BRENS sous diverses facettes
Informations tirées aussi de la brochure diffusée par l'Office des Anciens
Combattants du Tarn et écrite par Diana Fabre.

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Camp d'accueil des réfugiés " (mai - août 1940)
16 octobre 1939 : réquisition par le Préfet du Tarn d'un terrain "
Les Rives " aux portes de Gaillac situé sur la commune de Brens (81).
10 mai 1940 (déclenchement de l'offensive allemande) : 20 baraques ont
été construites.
A partir du 15 mai : arrivée de près de mille réfugiés Belges, d'une trentaine
d'Espagnols de la zone occupée et des familles entières de Polonais réfugiés.
Durant l'été 1940, le camp - utilisé aussi par le centre de démobilisation
de Gaillac - se vide.

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Centre d'hébergement pour réfugiés juifs étrangers " (nov. 1940 -
mars 1941)
Novembre 1940 : initiative
conjointe (préfecture de la Haute-Garonne et Comité Juif de bienfaisance
de Toulouse, aveuglé par Vichy) d'héberger à Brens une partie des juifs,
sans ressources, qui ont fui l'avance nazie et se sont réfugiés à Toulouse.
Le camp sans barbelés héberge
1600 personnes pendant 4 mois, près de la moitié d'origine polonaise (dont
400 enfants). Mais à partir de janvier 1941, la libre circulation à l'extérieur
est interdite.
Conditions matérielles et morales difficiles
: surpeuplement et promiscuité, vêtements et chaussures font défaut, pas
de lait pour les enfants, eau potable insuffisante, pas d'infirmerie alors
que de nombreux enfants sont atteints d'angines, otites et même congestions
pulmonaires. Février 1941 : dans ces conditions, 150 réfugiés prennent
la décision de s'enfuir.
Début mars 1941 : transfert des juifs
aux camps de Noë et Récébédou, d'où la plupart partiront pour Drancy et
Auschwitz. Brens fut pour eux l'une des antichambres de la mort.

Camp
de concentration réservé aux femmes, le seul de la zone Sud (14 février
1942, 4 juin 1944)
31 déc. 1941 : le Préfet du Tarn fait savoir que
Brens a été retenu comme " camp de concentration " (dénomination
officielle).
Janvier - février 42 : consolidation de 8 baraques (sur 20), pose
d'une clôture de fils de fer barbelés. Infirmerie terminée en mai
seulement.
14 février 42 : arrivée par camion depuis
la gare de Gaillac des 320 internées de Rieucros et des 26 enfants.
Population cosmopolite : à 75 % étrangère, une quinzaine de nationalités.
Population hétérogène : militantes communistes, syndicalistes ; réfugiées
suspectes (en majorité, juives allemandes et polonaises) ; Espagnoles
révoltées du camp d'Argelès, prostituées, droits communs et femmes internées
pour " autres motifs ". Les " politiques ", qui demandent
à être séparées des autres internées, n'obtiennent satisfaction que le
27 mars 1943.
La réputation, faite par Vichy, d'être
un " camp de prostituées " a persisté jusqu'à nos jours.
Les " politiques " sont nombreuses, mais elles n'ont constitué
la majorité absolue qu'après sept 1943 (décision du Maréchal Pétain de
libérer les prostituées) et avec l'afflux important de Résistantes ou
de femmes ayant manifesté leur désapprobation envers l'occupation allemande
et Vichy (contre la relève, le S.T.O., etc...)
Brens, antichambre de la mort
: les juives sont une minorité (1 sur 10), 80 sont passées par Brens sans
y séjourner très longtemps. 3 internées envoyées à Gurs (6/08/42) et 3
au Récébédou (7/08/42) sont déportées à Auschwitz (12/08/42). Au cours
de la grande rafle du 26 août 1942 en zone " libre ", Brens
livre 31 internées (Polonaises, Allemandes). Le 21 septembre 1942, 14
autres. Il n'y a plus de juives au camp après le dernier départ le 25
mars 1944 pour le Vernet.
Un camp bien gardé : le camp (capacité
d'accueil 500) n'a jamais été complet (450 maximum). 1150 détenus sont
passés par Brens. Personnel de surveillance nombreux (120 gardes en 1942,
150 en 43) effectuent 4 appels par jour, 5 rondes de nuit.
Conditions matérielles et morales
: hiver moins dur qu'à Rieucros, mais nourriture très insuffisante ; l'état
vestimentaire même du personnel stupéfait le nouveau directeur (février.
44). Possibilités de visites (surveillées) de la proche famille : 2 fois
par semaine, puis 1 fois à partir de février 43. Droit d'expédier 2 lettres
par semaine (mais censure du courrier).

Activités et événements
: Plusieurs ateliers : couture, cordonnerie, boutons artistiques (cf.
histoire de Rieucros), cannage de chaises, confection de brosses et balais.
Activités intellectuelles : cours de langue, enseignement élémentaire
en Français pour les enfants d'origine espagnole. Après Rieucros, les
femmes continuent à manifester leur goût pour l'art et la représentation,
manière de résister : avec stupéfaction, on voit des femmes danser la
pavane et le menuet, se déguiser en Haïtiennes et jouer l' " Amour
Médecin " de Molière (photos datées de l'été 1942 au moment où ont
lieu les déportations).
Manifestations politiques nombreuses : elles éclatent lors de chaque transfert
des juives, bataille avec les gendarmes, chant " La Marseillaise
", cris de colère contre Pétain, ... Après chaque manifestation,
les sanctions tombent : interruption du courrier, des visites, isolement
des " coupables ", ...
Fin du camp le 4 juin 1944 : 150
prisonnières embarquées à Gaillac arrivent dans un état lamentable au
camp de Gurs d'où elles ne tardent pas à s'évader.

Dernières
péripéties
20 déc. 1944 : Brens reprend sa fonction carcérale en hébergeant 273
collaborateurs tarnais.
Juillet 1945 : C'est à nouveau un camp " féminin " (267 femmes,
118 enfants) avec des conditions matérielles qui ne sont guère meilleures
que pendant la période précédente.
Fin 1945 : le camp se vide peu à peu de ses occupantes.
30juin 1946 : il devient un camp de vacances au profit de l'Union Départementale
des Syndicats de la Haute Garonne
Janvier 1948 : le terrain est récupéré par le propriétaire.

Aujourd'hui
Il n'existe actuellement qu'une modeste stèle mise en place le 14 septembre
1969 où l'on peut lire :
" Ici vécurent aux côtés de Résistantes Françaises, des femmes antifascistes
d'autres pays réfugiées sur notre sol. Parmi elles, le 26 août 1942, des
femmes allemandes et polonaises furent déportées à Auschwitz d'où elles
ne sont jamais revenues. Hommage à leur mémoire ".
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